RESTAURATION DES STl'ARTS
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Revirement politique. Nouvelle tyrannie. — L’oppo-sition grandissait. La chambre des Communes demandamême que le duc d’York fût exclu de la succession autrône. Cet audacieux bill d’exclusion fut repoussé par lachambre des lords. La violente opposition des Communeseffraya les esprits, et la peur d’une seconde révolutionamena un revirement dans l’opinion publique. La courprofitade ceretoursubit de la faveur nationale pourac-cabler ses adversaires. D’affreuses exécutions frappè-rent toutes les classes de la société : des femmes furentattachéesau gibet; d'autres noyées. L’Ecosse, en particu-lier,fut le théâtre d’innombrables scènes d’une épouvan-table barbarie, sous le gouvernement du duc dY’ork,quilui-même prenait plaisir à voir torturer les victimes.
Tant de tyrannie aurait bientôt soulevé la nation, sile souvenir des guerres civiles n’eût glacé les coura-ges. Quelques hommes cependant, parmi lesquels l’il-lustre républicain Sidney et le magnanime lord Russel,préparèrent une insurrection. La conspiration fut dé-couverte. Russel et Sidney périrent sur l’échafaud. Dèslors toute opposition cessa et le roi put exercer jus-qu’à la fin sa tyrannie. On assure cependant que Char-les II, inquiet pour l’avenir de sa dynastie, méditaitun changement dans sa politique, quand il mourutfrappé d’une attaque d’apoplexie.
Whigs et tories. — C’est à la fin du règne de Charles II que re-monte l’emploi des deux mots de whig et tory appliqués aux deuxgrands partis qui divisent encore aujourd’hui l’Angleterre. Le nom dewhig désignait jadis les paysans écossais qui se servaient de ce motpour exciter leurs chevaux ; il fut donné à l’époque de la première ré-volution aux zélés patriotes presbytériens et passa plus lard en An-gleterre pour désigner le parti libéral, qui résiste aux prétentions dela cour et défend les droits de la nation. Le nom de tories était origi-nairement celui des Irlandais qui, chassés de leurs terres, vivaient de^brigandages ; dès l’époque de la restauration, il fut donné au partisonservateur, qui en opposition aux prétentions populaires, insisteur les droits de la prérogative royale.