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Histoire Moderne.
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X\II« SIÈCLE

Règne de Jacques II (1685-1688). — Son caractèreet ses premiers actes. — Le duc d’York succéda à sonfrère sous le nom de Jacques II. Ame fausse, caractèreaussi entêté que faible, aussi lâche que cruel, le der-nier roi Stuart,avec ses instincts despotiques,son intel-ligence étroite et ses mœurs dissolues, résumait en sapersonne tous les défauts de sa race. Encore plus imbudes doctrines absolutistes que ne l’étaient ses prédéces-seurs, il se croyait maître de disposer à son gré, nonseulement des lois et de la constitution du pays, maisdes croyances religieuses de ses sujets. Jacques II avaitembrassé avec ferveur la foi romaine et ne se proposaitd’autre but que de rendre l’Angleterre au catholicisme.

Il promit à son avènement de maintenir l'église anglicane et parutd’abord ne réclamer que la liberté du culte pour lui et ses coreli-gionnaires. Mais bientôt les faveurs accordées aux papistes, qu’il ho-norait des plus hautes fonctions, au mépris de l'acte du Test, l’en-trée d’un jésuite dans son conseil, et, en général, l’arbitraire de sesactes, semèrent partout la défiance et l'inquiétude.

Jeffries. — Un fils naturel de Charles II (le duc deMonmouth) crut le moment venu de tenter une insur-rection. Mais il échoua, fut pris et décapité. Jacques IIsaisit cette occasion d’exercer ses vengeances. Iltrouva un satellite digne de lui dans le grand juge Jef-fries. Cet ignoble et grossier personnage, qui devaitrester dans l’histoire le type abhorré du juge inique,parcourut le pays entouré de bourreaux et cherchantdes victimes Des centaines de personnes furent exé-cutées ; un plus grand nombre furent déportées dansles colonies et vendues comme esclaves. L’indignationpublique était partout soulevée à la vue des restessanglants des victimes, suspendus aux arbres ou ex-posés sur les murs des cités.