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XVIie SIÈCLE
trompèrent pas. Avant tout, patriotes et dévoués à la cause de la ré-forme, ils protestèrent avec le pays entier au nom de la constitutionviolée et firent cause commune avec les anglicans pour repousser lesprojets catholiques du roi.
Résistance des évêques. — Jacques II voulant à toutprix imposer son acte d’indulgence, ordonna aux évê-ques anglicans de le faire lire en chaire durant deux di-manches consécutifs. Les évêques refusèrent de pro-clamer ainsi eux-mêmes la ruine de leur église et deboire leur propre infamie, comme disait à cette occasionun jésuite. Dans quelques paroisses, où les ministresavaient consenti à lire la déclaration royale, l’auditoireentier se leva au moment où la lecture commençait etsortit indigné. Jacques, furieux de cette résistance in-attendue de la part d’un clergé qui avait toujours prêchél’obéissance passive, ordonna l’arrestation des évêqueset les fit traduire devant un tribunal. Mais ceux-ci fu-rent acquittés par le jury. Cette nouvelle fut accueilliedans toute l’Angleterre par un long cri d’allégresse. Al’ouïe de ces manifestations de la joie publique, le roi,dont la colère ne connaissait plus de bornes, résolutd’en appeler à la force. Jacques, sans se soucier desdéfiances publiques, avait formé une armée perma-nente. Mais quand il voulut réclamer le concours dessoldats pour l’abolition du Test, ceux-ci mirent bas lesarmes en sa présence. Le dernier appui de Jacques IIlui manquait : la résistance était partout.
Jacques II semblait vaincu. Tous les appuis sur lesquels il avaitcompté pour le triomphe de son projet favori lui avaient successive-ment manqué. Le pape lui-mème avait blèmé sa conduite imprudente.Mais, quand tout le monde voyait le précipice ouvert sous les pas dumonarque, lui seul persévérait dans sa politique inflexible. 11 répétaittoujours que son père s’était perdu par ses concessions et que pourlui il n'en ferait aucune.