RESTAURATION DES STUARTS
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Dispositions du peuple anglais à l'égard de Jacques II. — Cependantil n’v avait aucune apparence de soulèvement. Le principe de la suc-cession légitime était si généralement admis que Jacques II étaitmonté sans opposition sur le trône, d'où peu auparavant les commu-nes avaient voulu l'exclure. En outre, la haute classe redoutait laperspective d’un bouleversement politique semblable à celui de 1649.La terreur inspirée par l'idée d'une révolution était si grande que leclergé anglican, en dépit des projets de restauration catholique attri-bués au roi, prêchait hautement la doctrine de l’obéissance passive.Du reste l’Eglise anglicane, en vertu de la suprématie royale (p. 55),se trouvait dans la singulière position d’avoir pour chef un catholiquefervent. Dans de telles circonstances, Jacques II se crut tout permis.Au nom de sa prérogative royale il réclama le droit de dispenser del’observation des lois qui bon lui semblait. C’était réduire à néant leslois votées par les chambres et se jouer de l’autorité du parlement !A l’aide de ce prétendu droit de dispense, Jacques comptait surtout an-nuler les effets de la loi du Test. Une pareille atteinte à la cnnstilutiondévoilait trop ouvertement les projets du roi pour ne pas provoquer larésistance. Les hommes les plus dévoués à la royauté ne pouvaientsouscrire A la ruine des libertés publiques. La crainte surtout du re-tour du catholicisme allait rapprocher tous les partis politiques etfaire taire tous les dissentiments religieux. Tories et whigs, anglicanset dissidents, allaient se donner la main pour défendre la grande œu ■vre de la réformation.
Attaques ouvertes contre la réforme. — Jacques II,croyant toute résistance impossible, résolut d’en venirouvertement à ses fins et demanda au parlement derévoquer l’acte du Test. Ayant essuyé un refus, il chan-gea de tactique et essaya de gagner les dissidents (enparticulier les presbytériens), par une loi de tolérancequi donnait la liberté du culte à tous les non-confor-mistes (catholiques et dissidents). Cette mesure, appe-lée acte d’indulgence, provoqua un déchaînement uni-versel et fut repoussée par les dissidents eux-mêmes.
L’acte d'indulgence était arbitraire, puisqu’il n'avait pas été votépar le Parlement. Il violait ainsi doublement la constitution, puisquecelle-ci interdisait le culte catholique. Du reste tout le monde savaitque cette mesure, en apparence libérale, n’était en définitive qu'unmoyen d'arriver au rétablissement du papisme. Les dissidents ne s’y