ÉPOQUE DE LA DÉFORMATION 33
une réaction. — En outre, les novateurs réclamaient unereligion moins formaliste et répondant mieux aux aspi-rations intimes de l’âme. — De plus, on accusait leclergé de corruption : une réforme des mœurs étaitnécessaire. Or l’Eglise catholique s’était toujours oppo-sée violemment à toute tentative de cette nature. Wiclefen Angleterre, Savonarole à Florence, Jean Huss àConstance avaient péri de mort tragique. Enfin, au com-mencement du XVr ,ie siècle, la Renaissance provoquaun réveil intellectuel dans toute l’Europe, et les huma-nistes s’attaquèrent aux idées du moyen âge. En com-battant la scolastique, ils en vinrent à combattre lathéologie qui reposait sur elle, et iinalement les prin-cipes mêmes de l’Eglise romaine.
Le mouvement fut général en Europe : plusieurs ré-formateurs apparurent presque en même temps dansdifférents pays. Mais c’est en Allemagne que la Réformese propagea le plus rapidement. Nulle part on nè s’étaitplaint davantage du despotisme pontifical. La hainecontre Rome y avait crû avec les siècles. Nulle partl’humanisme n’avait de plus zélés adeptes. Enfin l’Eglisey possédait de grands biens qui tentèrent la cupiditédes princes.
Telles sont les causes générales de la Réforme. Unincident la fit éclater. Ce fut la vente des indulgences.
§ 19. Débuts de la Réforme. — Pour satisfaire à sesdépenses énormes et surtout pour payer les magnifi-ques constructions qu’il édifiait dans sa capitale, lepape Léon X 1 fit vendre des indulgences 2 en Allemagne.
1 Léon X a poussé jusqu’aux dernières limites le népotisme:« Songeons à jouir, disait-il, et faisons du bien aux nôtres. »
4 L'Eglise exige du pécheur qu’il se repente, qu’il s'amende etqu’il fasse pénitence. A cette condition, elle lui pardonne. On oubliapeu à peu la repentance pour ne songer qu’à la pénitence. L’abuscommença au moment où la pénitence fut remplacée par une peinepécuniaire - .
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