Buch 
Histoire moderne et histoire contemporaine / par Paul Maillefer
Entstehung
Seite
34
JPEG-Download
 

34

HISTOIRE GÉNÉRALE

Le dominicain Tezel était chargé de ce négoce dans laSaxe. Il allait de ville en ville, vantant sa marchandise,comme un charlatan. Ce trafic provoqua des scandales ;contre lesquels le moine augustin Martin Luther 1 éleva 1des protestations. Le 31 octobre 1517, il afficha, à la jporte de léglise de Wittenberg, quatre-vingt-quinze !thèses dans lesquelles il combattait labus des indulgen- [ces. Bientôt le réformateur se trouva entraîné plus loin iquil navait prévu. Au début, il ne songeait nulle- iment à rompre avec lEglise. Mais, devant la résistance |de ses adversaires, son audace saccrut. Après avoir îattaqué labus des indulgences, il sen prit aux indul- |gences elles-mêmes, puis à certains dogmes, enfin à [lautorité du pape. t

A lorigine, Léon X navait pas attaché une grande [importance à ce qui lui paraissait une simple «querelle jde moines». Cependant il comprit bientôt le danger ique cohrait lEglise. Luther dut comparaître, à Augs- jbourg, devant le légat du pape. Mais il refusa de sesoumettre et en appela «du pape mal informé au pape imieux informé ». f

Cependant la querelle paraissait sapaiser lorsque le !professeur Jean Eck, un des plus habiles représentants jde la scolastique, organisa une dispute religieuse à |Leipzig. Luther y prit part, ainsi que ses amis et colla- îborateurs Karlstadl et Mélanclitlion., dans le feu de [la discussion, Luther finit par attaquer, non seulement îles abus, mais quelques-uns des dogmes fondamentaux fdu catholicisme. Son adversaire ayant obtenu du pape ;la condamnation de ces doctrines, Luther rompit ou- fvertement avec lEglise. En présence de ses amis, de |

1 le 10 novembre 1483 à Eisleben. Son père était un simplemineur. Il étudia à Eisenadi et à lUniversité dErfurt. En 1505 il ,entra au couvent des Augustins de cette ville. En 1508 il fut :nommé professeur à lUniversité de Wittenberg. Un voyage qu'ilfit à Rome, en 1511, lui ouvrit les yeux sur certains vices delEglise. « Elle dépasse en impiété, dit-il, les Turcs eux-mêmes».