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Strasbourg) durent se soumettre. Charles-Quint enva-hit la Saxe, vainquit l’électeur Jean-Frédéric dans labataille de Mühlbcrg (1547), le fit prisonnier et le dé-pouilla de la plus grande partie de ses Etats au profitde Maurice. Il contraignit également Philippe de Hesseà se soumettre et il le retint en captivité. Puis, dansune nouvelle diète, l’Empereur proclama l’intérimd’Augsbourg , qui accordait aux réformés quelques con-cessions de minime importance, mais qui, au fond,maintenait l’ancien culte et les anciennes cérémonies(1548).
Ainsi l’Empereur triomphait, et ses adversaires sem-blaient écrasés. Mais soudain un revirement se produi-sit. A présent qu’il avait atteint son but, Maurice deSaxe abandonnait la cause impériale. Il blâmait la mor-gue et le despotisme de Charles ainsi que son manquede loyauté. Il se rapprocha des protestants, conclutalliance avec Henri II de France et attaqua l’Empereur.Il prit Augsbourg, pénétra dans le Tyrol, et faillit s’em-parer, à Inspruck, de la personne de Charles-Quint(1552). Le vieux souverain, malade de la goutte, duts’enfuir à la hâte à travers les montagnes couvertes deneige et gagner la Carinthie. Il recevait en même tempsla nouvelle que Henri II avait conquis Metz, Toul etVerdun. Ces revers abattirent son orgueil. Le traité dePassau rendit la liberté aux deux princes captifs, Phi-lippe et Jean-Frédéric ; la solution de la question reli-gieuse était remise à une prochaine diète.
Tranquille momentanément du côté de l’Allemagne,l'Empereur essaya de reprendre Metz. 11 y échoua(1552). Malade et découragé il se retira alors dans lesPays-Bas, laissant à son frère Ferdinand le soin detraiter avec les protestants. La paix de religion d’Augs-bourg ( 1555) accorda la liberté religieuse aux princes
1 « La fortune est femme, disait-il avec dépit, elle aime mieux unjeune roi qu’un vieil empereur. »