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ÉPOQUE DE LA HÉFOHMATION
Zwingli en 1531, Calvin en 1564. Leurs successeurs,tout en professant une piété sincère et éprouvée,n’étaient pas animés du même esprit combatif.
Du reste, le protestantisme portait en lui, dès sonorigine, un germe de faiblesse. Le libre examen deslivres sacrés, principe même de la Réforme, devait con-duire fatalement à des interprétations et, par consé-quent, à des doctrines différentes. Au début, Luther etZwingli se divisèrent sur la question de l’eucharistie :le premier admettait la transsubstantiation, le second larepoussait 1 . Luthériens et zwingliens formèrent dès lorsdeux branches du protestantisme, séparées et parfoishostiles. Une troisième comprenait les calvinistes ouadhérents de Calvin. L’Angleterre pratiquait la religionanglicane. Enfin le réveil religieux avait engendré ungrand nombre de sectes diverses, presbytériens, ana-baptistes et plusieurs autres dans la suite. Ces divisionsnuisaient à la cause protestante.
§ 25. Les papes et le concile de Trente. — En mêmetemps, le catholicisme se remettait de la crise qu’il avaitsubie. Des papes remarquables, célèbres par leurs ta-lents, leur piété ou leur énergie, montèrent sur le trônepontifical ; ainsi Paul IV 2 , Grégoire XIII 3 , Sixte-Quint.De sérieuses réformes furent apportées dans la doctrinede l’Eglise et dans les mœurs du clergé. L’Inquisition,rétablie en Italie et en Espagne, poursuivit l’hérésieavec un zèle impitoyable. La congrégation de l'index fitla guerre aux écrits, proscrivant tout ce qui était con-traire à la doctrine romaine.
Au début de la Réforme, on avait demandé de toutes
1 A la suite de la dispute religieuse de Marhourg où s’étaientrencontrés Luther et Zwingli, le premier refusa de serrer la main■au second : « Vous servez, lui dit-il, un autre Christ. »
- Il fut grand inquisiteur avant d’être pape.
3 Auquel on doit la réforme du calendrier, appelé dès lors grégo-rien.