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HISTOIH K G ÉX KH A K K
Philippe II d’Espagne et Charles de Mayenne. Il dutlever le siège de Paris et se rendit en Normandie avecune armée de neuf mille hommes seulement. Poursuivipar Mayenne, il le battit à Arques (1589) et à Ivry. Puisil attaqua de nouveau Paris. Au moment critique cepen-dant, la ville fut délivrée par une armée espagnole,accourue des Pays-Bas, sous les ordres d’AlexandreFarnèse.
La France était lasse de ces guerres sans fin. Le sen-timent patriotique se réveillait, et l’aversion pour l’Es-pagne devenait de plus en plus forte. Elle trouva sonexpression dans la Satire Ménippée, composée parquelques bourgeois de Paris. Cette œuvre littéraireexprimait l’opinion du parti des Politiques, dont lenombre croissait tous les jours: ils blâmaient le fana-tisme religieux et l’ambition espagnole. Le seul reprocheque l’on fit encore à Henri IV était sa religion. Pourlever ce dernier scrupule, Henri IV abjura le protestan-tisme dans l’église de Saint-Denis 1 (1593). L’année sui-vante la capitale lui ouvrait ses portes.
Alors les ligueurs se calmèrent peu à peu. Ils setirent payer assez cher leur soumission, et Henri IVput dire qu’on lui avait « sinon rendu, du moins venduson royaume ». L’horrible lutte était au moins ter-minée. Quant aux huguenots, ils jugèrent très mal laconversion d’Henri IV. Mais celui-ci sut les gagner enpromulguant l’Edit de Nantes (1598). Les protestantsobtenaient la liberté de conscience, la liberté de cultedans les châteaux des seigneurs hauts justiciers et dansune ville par bailliage, l’accès aux charges publiques.Comme garantie de l’exécution de ce traité, les réfor-més gardaient plusieurs villes fortes, nommées placesde sûreté. L’Edit de Nantes mettait lin aux guerres dereligion.
1 Le mot attribué à Henri IV : « Paris vaut bien une messe »,ou : « La couronne vaut bien une messe », n’est pus authentique.