El’OQUE DE LA RKKORMATION
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ses troupes avaient cruellement éprouvé les amiscomme les ennemis. Les plaintes devinrent générales.De toutes parts on demandait son renvoi. LongtempsFerdinand résista ; il lui en coûtait de se priver de sonmeilleur soutien. A la lin cependant, il dut céder. Dansla diète de Hatisbonne (1630), Wallenstein fut destitué.Il accueillit froidement la sentence et se retira dans sesterres. Au moment où l’Empereur se privait de sonmeilleur général, le roi de Suède entrait en campagne.
§ 45. Période suédoise (1630-1635). — Gustave-Adolphe, roi de Suède, avait vu avec déplaisir les con-quêtes de Wallenstein dans le nord de l’Allemagne. Letriomphe de l’Empereur dans les régions voisines de lamer constituait pour lui un danger et menaçait ses pro-jets d’extension 1 . Il désirait au contraire compléterla série de ses conquêtes autour de la Baltique. Letriste sort des protestants d’Allemagne lui inspiraitaussi quelque commisération. Richelieu profita de cettedisposition d’esprit et engagea Gustave-Adolphe à péné-trer en Allemagne. 11 lui promit des subsides. Le roide Suède 2 débarque en elî'et à Stettin, avec une arméepeu nombreuse, il est vrai, mais bien aguerrie et biendisciplinée. D’autre part, Gustave-Adolphe était lemeilleur tacticien de son temps.
Les peuples l’acueillirent tout d’abord comme un li-bérateur, mais les princes le reçurent froidement. Ilscraignaient son ambition et n’osaienl entrer en révolteouverte contre l’Empereur. Les deux souverains lesplus influents dii nord, les électeurs de Brandebourget de Saxe refusèrent de marcher sous ses drapeaux.
IJ fallut le sue de Magdebourg pour réveiller les pro-
1 « La Baltique, disait-il, est le fossé de la citadelle suédoise; ilserait dangereux de voir l'Empereur s’établir sur le revers de cefossé. »
- « Ce roi de neige, au dire des impériaux, devait fondre ausoleil. »