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HISTOIRE GENERALE
pouvoir durant la minorité du jeune roi. Elle accordatoute sa confiance à Mazarin, qui fut le digne succes-seur de Richelieu et le continuateur de sa politique.
Mazarin avait été l’élève et l’ami de Richelieu. Il sutprendre sur Anne d’Autriche le même ascendant queRichelieu avait exercé sur Louis XIII. Rien qu'italiend’origine 1 , il se dévoua aux intérêts de la France. Iln’avait pas l’énergie de son prédécesseur, mais il avaitla souplesse et l’habileté ; son moyen favori était la ruseet, par elle, il triompha des plus grandes difficultés. Iln’eut pas le désintéressement de Richelieu ; il profitade sa situation pour s’enrichir au détriment du trésoret il laissa une {fortune immense. Mais sans avoir lagrandeur de Richelieu, il travailla comme lui à la puis-sance de la France.
A l’extérieur, Mazarin suivit avec succès la voie déjàtracée. La guerre de Trente Ans battait son plein. Lesvictoires remportées par les généraux français Condé etTurenne forcèrent l’Autriche à poser les armes, et lapaix de Westphulie, donna l’Alsace à la France (1648).
A l’intérieur, Mazarin fut tout d’abord moins heu-reux. La noblesse, contenue par son prédécesseur,s’imagina’que la mort du puissant ministre allait luirendre la toute puissance 2 ; d’autant plus qu’Anned’Autriche avait sans relâche encouragé leurs conspira-tions. Déçus dans leur attente, ils firent au nouveauministre une violente opposition.
Ils s’allièrent dans ce but avec le Parlement de Paris.Le Parlement n’était qu’une cour de justice, mais ils’arrogeait certains droits politiques. Pour payer lesfrais de la guerre, Mazarin fit décréter de nouveauximpôts. Mais le Parlement refusa d’enregistrer les édit»burseaiu-; le peuple de Paris se souleva; la ville se cou-vrit de barricades et la cour fut obligée de se réfugiera
1 Ses ennemis l'appelaient « le gredin de Sicile ».
2 Les nobles prirent des airs de suflisance qui les firent sur-nommer les Importants.