LA MONARCHIE ABSOLUE
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Saint-Germain. Les rebelles avaient à leur tète le coad-juteur de l’archevêque de Paris, Paul de Gondi, plustard Cardinal de lielz.
La guerre éclata entre le Parlement, la noblesse et labourgeoisie parisienne d’un côté, la cour de l’autre.Mais cette rébellion n’eut pas la gravité des luttes san-guinaires du siècle précédent. On lui donna le nom d’unjeu d’enfant : la Fronde. Les troupes du roi, sous lesordres de Condé, battirent les troupes parisiennes et laville dut ouvrir ses portes. La Fronde parlementaire,ainsi nommée parce que l’opposition se groupait autourdu Parlement, était terminée.
La noblesse mit plus de temps à se soumettre. A laFronde parlementaire succéda la Fronde aristocratiqueou féodale. Le célèbre Condé, oubliant les services qu’ilavait rendus à la royauté, passa du côté de l’opposition.Mais cette révolte féodale ne réussit pas mieux quel’autre. Le grand général Turenne, qui commandaitles troupes royales, battit les rebelles à Saint-Antoine,un des faubourgs de Paris. Condé s’enfuit et se mit auservice de l’Espagne. Tout le monde rentra dans l’obéis-sance (1652) : l’autorité de la reine et de son ministrefut plus solidement assise que jamais.
Condé fit- en vain appel aux secours de l’Espagne.Après la paix de VVeslphalie, cette puissance avait con-tinué la lutte. Mais Turenne, allié aux Anglais, rem-porta de brillantes victoires. L’Espagne dut signer lapaix des Pyrénées (1659). La France acquérait l’Artoiset le Roussillon ; le jeune roi Louis XIV épousait l’in-fante d’Espagne, Marie-Thérèse, fille de Philippe IV.
§ 54. Louis XIV, son gouvernement. — Richelieu avaitaffermi la puissance royale et Mazariu l’avait défenduevictorieusement contre un retour offensif de la noblesse.Louis XIV acheva leur œuvre et consacra, en principecomme en pratique, l’établissement de la monarchieabsolue. — Les souverains qui le précédèrent se disaient