LA MONARCHIE ABSOLUE
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Cependant le peuple supportait encore son roi, parrespect pour la monarchie héréditaire. Jacques II, déjàâgé, n’avait pas d’enfants mâles. Ses deux filles, élevéesdans la foi protestante, étaient mariées à des princesprotestants. L’aînée, Marie, avait épousé Guillaume IIId’Orange, et la seconde, Anne, avait épousé un princedanois. A la mort du roi, la couronne devait ainsi échoirà un prince protestant. Mais soudain l’ordre de succes-sion fut bouleversé : la seconde femme de Jacques II 1mit au monde un fils. La perspective de retomber sousle joug papal poussa les Anglais à la révolte.
Les tories se rapprochèrent des whigs, et l’on entamades négociations avec Guillaume d’Orange (1688). Celui-ci débarqua en Angleterre ; le peuple de Londres sesouleva ; l’armée fit défection.
Jacques dut s’enfuir en France, où Louis XIV lui offritune hospitalité princière.
§ 66. Guillaume III. La maison d’Orange et la maisonde Hanovre. — Le Parlement anglais proclama alorsGuillaume III (1689-1702) et son épouse Marie. Mais lenouveau roi dut signer la Déclaration des droits (bill ofrights), qui résumait les principales libertés anglaises.Ainsi, en Angleterre, le principe de la monarchie cons-titutionnelle s’établissait au moment même où Louis XIVfaisait triompher en France les théories de l’absolu-tisme.
L’Ecosse se rallia au nouvel état de choses. L’Irlandese souleva en faveur de Jacques II, mais inutilement ; lesIrlandais furent écrasés aux bords de la Boyne.
Guillaume III renoua les grandes traditions politi-ques d’Elisabeth et de Cromwell ; la nation anglaisedevint la première du monde pour la marine et le com-merce. Guillaume entra aussitôt dans la ligue d’Augs-bourg contre la France, et la flotte anglo-hollandaiseremporta la victoire de la Hougue.
’ Marie d'Este, princesse de Modène.