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HISTOIRE GÉNÉRALE
A l’extérieur, la politique de Charles II ne fut ni glo-rieuse ni profitable. Le roi abandonna la manière deCromwell ; ses instincts despotiques et ses sympathiescatholiques le rapprochèrent de Louis XIV, au granddépit de la majorité du peuple anglais. Il vendit Dun-kerque à la France et fit la guerre à la Hollande (1665-1667). L’opinion publique, il est vrai, força l’Angleterreà entrer dans la triple alliance, qui mit fin à la guerre dedévolution (1668) *, mais bientôt le roi d’Angleterre selaissa gagner par les largesses de Louis XIV et se mit àla solde de la France. Une flotte anglaise appuya lesopérations de Louis XIV dans la guerre de Hollande.Mais, encore une fois, le peuple anglais força son roi àse retirer et à faire la paix (1674).
§ 65. Jacques II; seconde révolution anglaise. — A sonlit de mort, Charles II se convertit à la religion catholi-que. Malgré le bill du test, son frère Jacques II lui suc-céda (1685-1688).
Jacques était un prince énergique, mais frivole et dis-solu, de plus, cruel et vindicatif. Il chercha à affermirle despotisme royal en Angleterre et à ramener ce paysà la foi catholique.
Aussitôt des soulèvements éclatèrent. Le duc de Mon-mouth, fils naturel de Charles II, qui avait dû s’enfuiren Hollande, débarqua en Angleterre. Mais l’insurrec-tion fut réprimée. Monmouth périt sur l’échafaud. Leroi profita de cette conjuration pour écraser les oppo-sants ; les exécutions et les confiscations de biens semultiplièrent. Le juge Jeffrcys, digne serviteur de sonmaître, se rendit tristement célèbre par son avarice etsa cruauté.
Bientôt l’arbitraire du roi ne connut plus de bornes.Il favorisa ouvertement le catholicisme; l’acte à’indul-gence suspendit les effets du bill du test, et les catholi-ques reçurent les places et les faveurs.
1 Voir pages 85-87.