LA MONARCHIE ABSOLUE
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mourant, laissait pour seule héritière une fille, Chris-tine ( 1652-1054), âgée de sept ans à peine. Pendant saminorité, le chancelier Axel Oxenstierna dirigea lesaffaires de la Suède, et ce pays recueillit les fruits desa politique habile durant la guecre de Trente Ans.Christine était une princesse très instruite et spirituelle,mais elle n’aimait pas le pouvoir. Elle abdiqua enfaveur de son cousin, Charles-Gustave de Deux-Ponts,puis elle se fit catholique et mourut à Rome, en 1689.
Charles-Gustave (Charles X, 1654-1660), prince bel-liqueux, ralluma la guerre tout autour de la Baltique.Il vainquit les Polonais 1 à Varsovie (1656), assaillit lesDanois, assiégea à deux reprises Copenhague. Il tintensuite vaillamment tête à une attaque générale destroupes polonaises, danoises, brandebourgeoises etmôme autrichiennes. Mais il mourut prématurément,et la paix d'Oliva (1660) régla, pour un demi-siècle, lasituation des Etats du Nord. La Suède gardait le sud dela Scandinavie; le Brandebourg obtenait la souverai-neté du duché de Prusse 2 .
Cette guerre servit au roi de Danemark de prétextepour écraser la noblesse de son pays, qui avait montrépeu de patriotisme et de dévouement à la chose publi-que. Sous Frédéric III et Christian V l’absolutismetriompha au Danemark, et la couronne, jusque-là élec-tive, devint héréditaire.
Charles XI (1660-1697) humilia aussi la noblesse deSuède et établit dans son royaume la monarchie absolue.Il prit part à la guerre de Hollande, comme allié de laFrance. Vaincu à Felirbellin par l’électeur tle Brande-bourg (1675), il n’en conserva pas moins toutes sespossessions. A la fin du XVII mc siècle, la Baltique étaitencore, à peu de chose près, une mer suédoise.
En Pologne, au contraire, la puissance du roi s’éva-
1 Le roi de Pologne était Jean Casimir, de la maison de Wasa.branche catholique.
2 Jusque-là, la Prusse avait été un fief polonais.