LA MONARCHIE ABSOLUE
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royale et se fit couronner, àKônigsberg, sous le non) deFrédéric I' 1 '.
Frédéric, sans négliger l’année, protégea les arts, leslettres et les sciences. Berlin se couvrit de beaux mo-numents ; le souverain fonda l’Académie royale desSciences. Plusieurs hommes de mérite illustrèrent sonrègne, entre autres le philosophe et mathématicienLeibniz 1 , à Berlin, le professeur Christian Thomasius 2 ,le philanthrope Franke, fondateur de l’orphelinat deHalle, et le philosophe Wolff 3 .
Sous lui, la Prusse prit part à la guerre de successiond’Espagne et acquit la principauté de Neuchâtel et deValangin, dont la possession lui fut confirmée par lapaix d’Utrecht.
Frédéric Guillaume P r (1713-1740), surnommé leroi sergent, montra des goûts tout à fait opposés à ceuxde son prédécesseur. 11 se distingua par son économieoutrée jusqu’à l’avarice, par la simplicité de ses moeurset de ses manières, poussée jusqu’à la rudesse. Le luxedisparut du palais ; on vendit les joyaux de la cou-ronne ; on renvoya les acteurs et les chanteurs. Au lieude la cour brillante et policée de Frédéric 1 er , le roi ser-gent s’entoura de compagnons grossiers comme lui,dont le plus grand plaisir consistait à boire et à fumer.Les Universités furent négligées et l’Académie de Berlintomba en décadence.
Par contre, le roi voua ses soins à l’agriculture et àl’industrie. 11 favorisa aussi l’instruction primaire. Maisil voulut surtout donner à la Prusse les deux élémentsde la puissance militaire : un trésor bien garni et uneexcellente armée. 11 réduisit parcimonieusement lesdépenses; il perçut de lourds impôts sur son peuple etmême sur la noblesse, exemptée jusque-là des contri-
1 1646 - 1716 .
2 Le premier professeur qui ait fait ses cours en allemand et nonen latin.
3 1679 - 1754 .