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HISTOIRE GÉNÉRALE
butions publiques. Il n’établit pas encore le servicemilitaire obligatoire, mais il prit des mesures pourlever dans ses Etats et pour recruter au dehors destroupes de choix; il s’imposa pôur les former et les en-tretenir les plus lourds sacritices. Lorsqu’il mourut,Frédéric-Guillaume I er laissait à son successeur un tré-sor opulent, un système d’impôts régulièrement établiainsi qu’une armée bien disciplinée et bien exercée,forte de 83 000 hommes.
La guerre contre la Suède avait valu à la Prusse denouveaux territoires : une partie de la Poméranie anté-rieure et les îles d’Usedom et Wollin (1720). La Prusseeut alors une étendue de 120 000 kilomètres carrés,avec une population de deux millions et demi de sujets.
Frédéric II, le Grand (1740-1780), compléta l’œuvrede son père et fit de la Prusse une grande puissanceeuropéenne 1 2 .
§ 74. La guerre de succession d’Autriche. — L’Empe-reur Charles VI, le dernier des Habsbourg, n’avait pasde fils. Craignant, à juste titre, pour son héritage, ils’efforça d’en assurer la possession intacte à sa filleMarie-Thérèse, épouse de François de Lorraine, duc deToscane. Dans ce but, il régla minutieusement toutesles questions relatives à sa succession dans un actecélèbre, la Pragmatique Sanction. Il employa les der-nières années de sa vie à la faire reconnaître par lesprincipaux souverains de l’Europe et, dans ce but, illeur fit à plusieurs reprises, d’importantes concessions*.Confiant dans les promesses et les signatures, il négligeason armée qui, plus que tous les traités, aurait assuréà sa fille la possession de ses Etats.
1 II n’avait pas les goûts austères de son père et souffrit, danssa jeunesse, de l’excessive sévérité de celui-ci. Longtemps le roisergent tint son fils pour incapable de continuer son œuvre. Souventil le battait en public, à coups de canne et à coups de poing.
2 Entre autres lors de la paix de Vienne, en 1738. Voir page 113.