HISTOIRE GENERALE
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La France se trouvait ainsi isolée; elle remporta en-core, il est vrai, quelques succès ; le Maréchal de Saxeacheva d’envahir les Pays-Bas autrichiens 1 . Soutenu parla France, Charles-Edouard, fils du prétendant JacquesIII Stuart, fit une descente en Ecosse et pénétra enAngleterre. Mais ce succès fut éphémère; le fils duprétendant fut battu à Culloden (1740). Sur mer et enInde, la lutte entre la France et l’Angleterre se pour-suivit avec des chances diverses.
A la fin, les puissances lassées signèrent le traitéd’ Aix-la-Chapelle. On se rendait les conquêtes faites depart et d’autre ; mais la Prusse gardait la Silésie. L’Au-triche cédait Parme et Plaisance aux Bourbons d’Espa-gne. La France, qui avait supporté la plus grande partiedu poids de la guerre, en sortait les mains vides 2 (1718).
§ 75. La guerre de Sept Ans (1750-1703). — Marie-Thérèse ne pouvait se résoudre à la perte de la Silésie 5 ,mais elle ne se sentait pas assez forte pour entreprendreseule une campagne contre Frédéric. Elle chercha doncdes alliés en Europe. La Russie s’était déjà rapprochéede l’Autriche à la lin de la guerre précédente, et l’im-pératrice Elisabeth se montrait toute disposée à com-battre contre la Prusse. Il était plus difficile d’entraînerla France; mais l’habile ministre autrichien Kaunitzréussit à gagner à sa cause la favorite de Louis XV, latoute puissante Marquise de Pompadour. Les hostilitésvenaient de se rouvrir entre la France et l’Angleterreà propos de l’Inde et des colonies d’Amérique. LaFrance n’ayant pas trouvé auprès de Frédéric II assezd’empressement à soutenir sa cause passa du côté del’Autriche, tandis que l’Angleterre s’alliait à la Prusse.
1 A la suite de la bataille de Raucoux (1740).
1 Louis XV avait voulu, disait-il, « traiter en roi et non en mar-chand ».
* Elle ne pouvait, disait-on, voir un Silésien sans verser deslarmes.