LA REVOLUTION
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terriers ou registres des redevances. L’Assemblée dis-cutait sur les moyens de remédier à cet état de choses.Alors, dans une séance mémorable, qui dura du t août,à 8 heures du soir, jusqu’au matin du 5 août, un dé-puté noble proposa de supprimer les droits injustesdatant du moyen âge. Aussitôt plusieurs membres desordres privilégiés vinrent successivement oll'rir le sacri-fice de leurs prérogatives. Au milieu d’un enthousiasmeindescriptible, l’Assemblée vota l'abolition des privilè-ges nobiliaires, des privilèges provinciaux, des corvées,des corporations, etc.
La nuit du ï août, en détruisant les restes de ce qu’onappelait le régime féodal, établit l’égalité entre lesFrançais.
Mais le peuple se déliait encore du roi : on l’accusaitde préparer en secret une contre-révolution. L’irritationdes Parisiens fut portée à son comble par un manquesubit de vivres. On attribua à la réaction le projet devouloir allamer la ville. Alors la populace se porta enfoule à Versailles ; le château fut assiégé ; une grille futforcée et plusieurs gardes furent massacrés. Louis XVIet sa famille durent venir habiter Paris (journées des 5 et(5octobre I78!h; l’Assemblée ne tarda pas à les y suivre.
Celte émeute eut ainsi pour résultat de placer le roiet l’Assemblée à la merci du peuple de la capitale.
beaucoup de grands seigneurs ne voulurent pas assis-ter à de pareilles scènes et à celles qui semblaient sepréparer. Ils quittèrent la France; le comte d’Artois,frère du roi, donna l’exemple : l 'émigration commençait.
^ 98. Les partis dans l’Assemblée et hors de l’Assem-blée. La propagande et les clubs. — Au milieu de cesévénements, l’Assemblée délibérait. Elle était divisée enplusieurs partis. A droite siégeaient les royalistes purs,comme l’abbé Maury, Cazalès, opposés aux réformes. Agauche avaient pris place les partisans de la monarchieconstitutionnelle, ainsi Sieyès, Bailly, et surtout Mira-