LA HKYOLLTION
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fats de la guerre précipitèrent la catastrophe. L’annéefrançaise, désorganisée, démoralisée et mal commandée,se mit en déroute au premier choc. L’Assemblée pro-clama la patrie en danger. Malgré cela, les Prussiensenvahirent la Lorraine, et leur général, le duc de Bruns-wick, inspiré par les émigrés, lança un manifeste insul-tant, dans lecjuel il menaçait de détruire Paris si le roiétait outragé (2ù juillet).
L’arrivée de cette proclamation provoqua un nouveausoulèvement des Parisiens. Le 10 août, de grand matin,des bandes armées attaquèrent les Tuileries. Le roi etsa famille, etl'rayés, avaient cherché un refuge au seinde l’Assemblée. La garde suisse lit une héroïquerésistance ; mais le roi envoya l’ordre de cesser le feu.Aussitôt la populace en furie se rua dans le palais eten égorgea les défenseurs ; cinq mille personnes, etparmi elles sept cents Suisses, périrent dans cettejournée.
C’était la chute de la royauté. L’Assemblée suspenditLouis XVI, qui fut enfermé dans la prison du Temple;elle décréta la convocation d’une Convention nationalequi déciderait de l’organisation nouvelle à donner à lah’rance.
Pendant les opérations électorales, les agitateursparisiens complétèrent l’œuvre du 10 août. Lorsqu’onapprit les défaites successives de l’armée française, lesadversaires de la Révolution furent arrêtés en masse etjetés en prison, puis massacrés, dans les journées du2 au 1 septembre 11! >“2 (Massacres de septembre).
§ 104. La Convention nationale ; proclamation de laRépublique ; exécution de Louis XVI. — Les électionspour la Convention nationale se (irent sous l’influencedes clubs révolutionnaires, et l’Assemblée compta ungrand nombre d’exaltés. A droite siégeaient les répu-blicains modérés, les Girondins ; à gauche, les Monta-gnards ou Jacobins, plus violents, plus passionnés, qui