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HISTOIRE GENERALE
de la Législative est celle d'un conflit perpétuel entrele roi et l’Assemblée.
D’autre part, le peuple de Paris se mêlait directementaux affaires publiques. Fanatisé par les clubs, il cher-chait à activer la marche de la Révolution et il exerçaitune pression directe sur les pouvoirs constitués. Cetteattitude précipita les événements.
§ 102. Conflits entre le roi et l’Assemblée. Journée du20 juin. — La situation était encore compliquée par lesintrigues des émigrés, qui réclamaient l’interventiondes puissances étrangères, et par les prêtres réfractaires.On appelait ainsi les ecclésiastiques qui n’avaientpas voulu accepter la Constitution civile du clergé; ilscomposaient les deux tiers environ du clergé et intri-guaient contre le nouvel ordre de choses.
Pour faire face au danger extérieur, l’Assembléeforça le roi à déclarer la guerre à l’Autriche (20 avril1792), unie bientôt à la Prusse. Pour mettre fin auxmenées des émigrés, la Législative les déclara coupa-bles de haute trahison et prononça la confiscation deleurs biens. Elle décréta, en même temps, que les prê-tres réfractaires seraient arrêtés et, en cas de récidive,déportés. A ces mesures, le roi opposa son veto. Laconstitution lui en donnait le droit; mais en l’exerçantil exaspérait l’opinion publique.
Aussitôt le peuple de Paris se souleva. Le 20 juin, lesinsurgés, armés de piques, partirent des faubourgs etmarchèrent sur les Tuileries, conduits par le brasseurSanterre et le boucher Legendre. Ils pénétrèrent dansle palais; le roi et la famille royale furent en butte auxmenaces et aux outrages de cette foule irritée, jusqu’aumoment où l’arrivée tardive de la garde nationale mitfin à ces tristes scènes.
§ 103. La guerre. Massacre du 10 août. — L’autoritéroyale était sérieusement ébranlée. Les premiers résul-