LA HKVOLUTION
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présida pompeusement, et son orgueil le rendit à la foisodieux et ridicule. Alors tous les adversaires du dicta-teur réunirent leurs efforts (Taliien, Fouché, Fréron,Collot d’Herbois, Barère). Le 9 thermidor, la Conven-tion décréta l’arrestation de Robespierre, Saint-Just 1 ,Couthon et Hanriot, commandant de la garde nationale.La commune de Paris se souleva, il est vrai, et réussità les délivrer. L’Assemblée les mit alors hors la loi, etils furent exécutés, le 10 thermidor (28 juillet) ainsi queleurs principaux adhérents.
La mort de Robespierre donna le signal de la réactionthermidorienne. Les modérés reprirent le dessus dansla Convention ; la puissance de la Commune de Parisfut brisée. Les jeunes gens des classes aisées, surnom-més la jeunesse dorée, s’organisèrent pour résister, caséchéant, aux émeutes de la populace. On ferma le clubdes Jacobins. Ceux-ci tentèrent de soulever le peuple,mais deux insurrections (12 germinal et I 171 ' prairial,avril et mai 1795) échouèrent. Une troisième, fomentéepar les royalistes (13 vendémiaire, octobre 1795), futécrasée par le général Bonaparte.
§ 109. L’œuvre de la Convention. Nouvelle constitution.Traité de Bâle. — La journée du 10 août avait renverséla Constitution de 1791. La Convention en rédigea unedeuxième, celle de 1793, tout à fait démocratique ; laguerre civile et la guerre étrangère en empêchèrentl’application. Après le 9 thermidor fut élaborée la troi-sième constitution (1795) ou Constitution de l’an III.Celle-ci attribuait le pouvoir législatif à deux conseils,les Cinq-Cents et les Anciens, et le pouvoir exécutif àun Directoire de cinq membres.
La Convention a doté la France d’institutions utiles :l’Institut, les musées, les écoles primaires, normales,
1 Saint-.)ust entra à la Convention à I’Ajïc* de vingt-cinq ans. Ildit, lors du procès de Louis XVI : « On ne peut régner innocem-ment. Tout roi est un rebelle et un conspirateur. »