HISTOIRE CONTEMPORAINE 241
torieusement sur le territoire danois. Le cabinet deCopenhague comptait, comme en 1852, sur l’interven-tion des puissances européennes. Mais la situation avaitchangé : la France, l’Angleterre et la Suède restèrentneutres. Abandonné à lui-même, le Danemark n’en fitpas moins une glorieuse résistance. Ses troupes défen-dirent avec héroïsme les redoutes de Duppel. Mais lenombre finit par l’emporter. Les alliés s’emparèrent duJutland et commencèrent la conquête des îles. Alors lesDanois consentirent à signer la paix de Vienne; leur roiabandonnait à l’Autriche et à la Prusse les duchés deSchleswig-Holstein et de Lauenbourg (1864).
Cependant les vainqueurs ne purent se mettre d’ac-cord sur la possession des pays conquis. La Prusse lesconvoitait ; l’Autriche au contraire, de meilleure foi,voulait les rendre à l’héritier allemand, le princed’Augustenbourg. A la fin, un arrangement boiteux futconclu à Gastein : la Prusse recevait le Lauenbourgcontre une indemnité de 2 1 /» millions de thalers ; l’ad-ministration du Holstein était confiée à l’Autriche etcelle du Schleswig à la Prusse. Mais cet accord n’avaitqu’un caractère provisoire ; la rivalité entre l’Autricheet la Prusse s’accentuait et devait amener tôt ou tardune rupture.
§ 166. Guerre contre l’Autriche et ses alliés allemands.— Les divergences de vues au sujet du Schleswig-Hol-stein servirent de prétexte. L’Autriche voulait fairetrancher le différend par la Confédération germanique ;la Prusse, au contraire, se retira de la diète et déclarala Confédération dissoute (14 juin 1866). La guerrecommença. L’Autriche avait pour alliés la plupart desEtats allemands, la Bavière, le Wurtemberg, la Saxe,le Hanovre, la Hesse, Baden. Du côté de la Prusse serangèrent les petits Etats de l’Allemagne du nord.D’autre part, Bismarck avait réussi à conclure unealliance avec l’Italie.
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