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HISTOIRE GENERALE
A la fin, tous les mécontents unirent leurs efforts :une Révolution força Isabelle à s’enfuir en France (sep-tembre 1868). Les Cortès, malgré les revendications desrépublicains, donnèrent à l’Espagne une constitutionlibérale, il est vrai, mais monarchique. Comme on nevoulait pas rappeler les Bourbons, les Espagnols offri-rent la couronne à divers princes étrangers, peu dispo-sés à l’accepter. Enfin Léopold de Hohenzollern-Sigma-ringen se laissa convaincre. Mais l’avènement d’unprince allemand au trône d’Espagne excita en Franceun tel mouvement d’opinion que Léopold, en définitive,refusa (1870). Les Cortès s’adressèrent alors à l’Italie,et le second fils de Victor-Emmanuel fut proclamé roid’Espagne sous le nom d’AuÉnÉE I er (1870-1873-).
CHAPITRE V
La guerre de 1870 et la fondationdu nouvel Empire allemand.
§ 171. Causes de la guerre. — Il restait une dernièreétape à franchir pour arriver à l’unité allemande. LesEtats du sud, Baden, Bavière, Wurtemberg, vaincus en1866, n’étaient pas encore complètement ralliés à laConfédération du nord. Il existait, il est vrai, dans cha-cun d’eux, un parti qui comprenait la grandeur del’œuvre bismarckienne; mais les antipathies pour laPrusse étaient encore vivaces. Il fallait les faire taire enréveillant le patriotisme et le sentiment de la solidaritégermanique, en groupant toute la nation allemande con-tre un ennemi commun, et en conduisant ses arméesréunies à la victoire. L’ennemi commun ne pouvait êtreque la France. La guerre avec cette puissance étaitnécessaire pour achever l’unité allemande.