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HISTOIRE GÉNÉRALE
négocier davantage et de recevoir à nouveau Benedetti.
Ces incidents, dénaturés par ceux qui voulaient larupture 1 , furent présentés à la nation prussienne com-me une atteinte à la dignité nationale. L’opinion publi-que se prononça unanimement pour la guerre. D’autrepart, le refus de recevoir l’ambassadeur fut regardé àParis comme une offense directe à la France. Celle-cidéclara la guerre (19 juillet 1870) z . La Prusse mobilisaen quelques jours ses effectifs. Les Etats du sudcomme ceux du nord, fidèles à l’alliance offensive etdéfensive, marchèrent sans aucune hésitation sous lesdrapeaux de Guillaume I er . Aucun des alliés sur les-quels la France avait vaguement compté (Danemark,Italie, Autriche) ne se départit de la neutralité la plusstricte.
§ 172. La guerre jusqu’à Sedan. — L’Allemagne mitsur pied un million de soldats. Guillaume I er en prit lecommandement, avec Moltke comme chef d’état-major.Il disposa ses troupes en trois groupes : la I rc armée(sous les ordres de Steinmetz), concentrée au sud deTrêves, la II e (sous les ordres du prince Frédéric-Char-les), au sud de Mayence, la III e (sous les ordres duprince-royal de Prusse Frédéric-Guillaume), entre Lan-dau et Spire.
La France n’avait guère que 800 000 hommes à mettreen ligne. Elle les divisa en deux groupes : au nord,Bazaine, appuyé sur Metz ; au sud, Mac-Mahon, enarrière de Strasbourg.
1 Bismarck falsilia la dépêche qui relatait les événements d’Ems,avant de la communiquer à la presse.
5 « La France accepte la guerre que la Prusse lui offre. » — Thierss’y opposait, parce que, disait-il, « la France n’est pas prête ». —Ollivier déclara en accepter la responsabilité « d’un cœur léger ». —Enthousiasme délirant à Paris ; cris de « A Berlin, à Berlin ! » —Lebœuf, ministre de la guerre, avait déclaré que l’armée était« archiprête ».