HISTOIRE CONTEMPORAINE
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convention une fois ratifiée par l’Assemblée nationale,la paix définitive fut signée à Francfort-sur-le-Main, le10 mai 1871. Les territoires conquis sur la France cons-tituèrent un pays d,’Empire (Keichsland), placé directe-ment sous les ordres de l’Empereur et administré, enson nom, par un gouverneur.
La guerre franco-allemande avait ainsi parachevél’unité allemande. Elle donna à la Prusse et à l’Allema-gne le premier rang parmi les grandes puissances conti-nentales, - tandis que la France était reléguée au second.Elle fut, pour l’Allemagne, le point de départ d’ungrand développement matériel et économique. Cepen-dant, malgré la perte que faisait la France d’une partiede son territoire et l’énorme indemnité qu’elle avaitpayée, ses défaites ne l’abattirent point; elles marquè-rent aussi, pour ce pays, le début d’une ère de relève-ment dans tous les domaines.
§ 176. La Commune. — La France n’était cependantpas au bout de ses malheurs. La guerre étrangère avaità peine pris fin lorsque éclata la guerre civile. Beau-coup de patriotes français n’admettaient pas la défaite.Pour eux, elle était due à la trahison. A Paris, la fouledes mécontents de toute espèce avait grossi pendant lesiège. C’était surtout la populace des quartiers de Belle-ville, Montmartre, la Villette qui s’agitait. La garde na-tionale, dans sa majorité, blâmait les actes du gouverne-ment et désirait sa chute. Les comités révolutionnaires,très actifs depuis la fin du siège, profitèrent de cet étatdes esprits, et le tirent servir à une tentative de Révo-lution sociale.
Le 18 mars 1871, lorsque les troupes du gouverne-ment voulurent s’emparer des canons que l’on avaittransportés à Montmartre, l’insurrection socialisteéclata. Les gardes nationaux repoussèrent les soldats del’armée régulière. Bientôt toute la ville tomba au pou-voir des révoltés : ils installèrent un gouvernement