HISTOIRE GÉNÉRALE
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le plus autorisé, eut la victoire 1 , et finalement Mac-Mahon démissionna (.10 janvier 1879). La Républiqueétait désormais solidement assise 2 .
§ 182. Le gouvernement républicain. — Depuis la démis-sion de Mac-Mahon, les Présidents ont renoncé à exercerune influence dirigeante sur les affaires. Us régnent,mais ne gouvernent pas, et ils prennent leur ministèredans la majorité de la Chambre. Tous ont été franche-ment républicains : Grévy (1879-1887), Carnot (1887-1894), Casimir-Pèrier (1894-1895), Félix Faure (1895-1899), Emile Loubet (1899-1906), Fallières.
La Chambre, dans sa majorité, est restée républi-caine. Le parti de droite, ou conservateur monarchisteet clérical, a fait quelquefois de grands efforts électo-raux, mais son effectif n’a guère dépassé une centainede députés 3 (sur 590). Suivant le conseil de Léon XIII,une fraction de ce groupe, abandonnant le projet d’unerestauration monarchique, s’est ralliée officiellement àla République dans le but d’entrer dans le gouverne-ment et d’en faire profiter le clergé.
Le parti républicain s’est divisé en plusieurs groupesqui se font équilibre les uns aux autres. Les uns sontles modérés, qui se contentent des réformes opportunes(opportunistes, républicains progressistes), les autressont les radicaux qui ont inscrit dans leur programmela révision de la Constitution, l’impôt sur le revenu, laséparation de l’Eglise et de l’Etat. A l’extrême gauches’est détaché le parti socialiste; après avoir subi descrises et s’être souvent divisé sur des questions de prin-
1 II faudra, disait-il en parlant du Président, « se soumettre ouse démettre ».
2 La mort a, du reste, enlevé plusieurs des prétendants au trône,Napoléon III, mort en 1873, en Angleterre; le prince Louis, sonlils (1879) ; le prince Jérôme Napoléon (1891) ; le comte de Cham-bord ou Henri V (1883).
3 Exceptionnellement, en 1885, il y eul 202 conservateurs.