HISTOIRE GENERALE
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CHAPITRE VIIIL’Orient.
§ 184. La guerre russo-turque. — Le traité de Paris 1n’avait pas arrêté les visées de la Russie du côté du sud.Les dépouilles de « l’homme malade » tentaient sonambition. En lui enlevant la protection des orthodoxesde l’empire ottoman, on l’avait privée d’un prétexte àintervenir dans les affaires de la Porte. Mais les popula-tions slaves des pays du Danube voyaient dans le tsarleur allié naturel contre l’oppression du sultan 2 , et legouvernement russe ne demandait qu’une occasion derecommencer les hostilités. Ladécadence toujours plusgrandede l’Empire ottoman encourageait ces espérances.
L’occasion se présenta en 187(1. Les Turcs répri-mèrent avec leur cruauté habituelle un soulèvementde l’Herzégovine. Aussitôt les Monténégrins et les Ser-bes prirent parti pour leurs frères slaves et déclarèrentla guerre. Une insurrection éclata aussi en Bulgarie.La Porte sévit avec rigueur : elle écrasa l’insurrectionbulgare et battit les troupes serbes. Alors les puissan-ces intervinrent; l'Angleterre et la Russie demandèrentau sultan des mesures protectrices en faveur des chré-tiens, ainsi que d’autres réformes. Devant l’attitude né-gative de la Porte, la Russie entra en campagne (mai1877). Le prince Charles 3 de Roumanie s’allia aux Rus-
1 Voir page 2:30. En 1871 déjà, la Russie viole la clause relativeaux navires de guerre dans la mer Noire.
1 Abdul-Aziz (1801-1876), Mourad V, Abdul-IIamid II (dès 1876).
3 La Valacbie et la Moldavie avaient fusionné pour former laprincipauté de Roumanie, dont Charles de Ilohenzollern avait reçu,en 1866, la couronne héréditaire.