HISTOIRE CONTEMPORAINE
277
par le ministère des affaires locales. Ainsi l’administra-tion locale est à la fois démocratique et très autonome.
Le gouvernement a voué également sa sollicitude àla solution des questions sociales. Le prolétariat anglaisest à la fois agricole et industriel. Les terres appartien-nent à de très grands propriétaires; elles sont cultivéespar de petits fermiers ou des ouvriers de campagnedont la situation est assez précaire. L’Etat a édicté deslois destinées à favoriser la création d’une classe depaysans propriétaires. Ces concessions n’ont naturelle-ment pas satisfait les socialistes avancés qui réclamentla nationalisation du sol.
Une théorie longtemps en vigueur dans le Royaume-Uni est que le salaire de l’ouvrier doit se régler par le jeunaturel de l’offre et de la demande, sans que les pouvoirspublics aient à intervenir 1 . Aussi les travailleurs ont-ilstout d’abord songé à sauvegarder eux-mêmes leursintérêts en créant les trade-unions ou syndicats ouvriers.Ces associations, purement professionnelles à l’origine,commencèrent, dès 1867, à réclamer l’intervention del’Etat dans la protection ouvrière. Elles réussirent àfaire abolir certaines lois trop draconiennes, à obtenirdes lois réglant l’emploi des femmes et des enfantsdans les fabriques. Les trade-unions, toujours plusnombreuses, toujours plus populaires, constituent au-jourd’hui une organisation puissante et tiennent chaqueannée des congrès fréquentés. En 1875, deux socialistesfurent élus à la Chambre des communes 2 .
1 Ecole de Manchester, dont le mot d’ordre était : «Laissez faire,laissez passer. » L'ouvrier lui-même disait : « Moins l’ouvrier aaffaire à la loi, mieux cela vaut pour lui. »
2 En 1905 un député ouvrier, John Burns, est devenu ministre.