XIV
LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
.niéres années que nous venons de vivre, cette évoca-tion si réussie de tant de règnes évanouis sous l’éternelsceptre a girouette de la Mode, ces divers chapitresconcis, judicieusement ordonnés, sans prétentionshistoriques ni considérations morales et politiques,ces pages nourries de menus documents bien choisiset fondus ensemble; tout dans ce livre est conçu etécrit avec ce je ne sais quoi qui est la marque d’unepersonnalité évidente.
Mon frondeur camarade, chez qui la superbe, ouplutôt la conscience de sa valeur, crée cette dualitébizarre qu’il est toujours mécontent de l’œuvre qu’ilvient de faire et prodigieusement gonflé de celle qu’ilrêve d’exécuter, se défend d’avoir écrit un livre quivaille. Il proteste contre la brièveté et Vétranglementdes époques décrites, il argue qu’il faut considérercette œuvre comme un coup d’œil hâtif sur ce sièclequi marché si hâtivement à son heure dernière, qu’iln’a fait que brocher des notes sur les modes et desmenus faits consignés par divers contemporains, qu’ila cousu le tout de son mieux; mais il tient à pro-clamer qu’on ne doit . trouver ici qu’une sorte desommaire de l’ouvrage qui serait à préparer.
Que nous importe cependant tout ce verbiageinutile, à nous qui trouvons l’œuvre plaisante, légère,gracieuse et galamment présentée ; elle reste dans sonmilieu et retourne à son but. Nous ne réclamonscertes pas un ouvrage de somnifèrente allure, digne