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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
couperet. Les Incroyables juraient leur petite pa’oled’honneu panachée que c’était divin, admi’able,ruisselant d’inouïsme.
Dans les intervalles des contredanses, on ingur-gitait glaces, punch, sorbets; on prenait la main desa danseuse et on recevait des déclarations d’amour ;de plus, s’il faut en croire un témoin oculaire, l’au-teur des Souvenirs thermidoriens, « on finissait*
par convenir entre soi qu’après tout Robespierren’était pas si diable qu’il était noir et que la Révo-lution avait son beau côté 1 ».
Il ne manquait plus à ces insensés que de chan-ter, à l’imitation de la belle Cabarus, le coupletd’une chanson satirique alors à demi célèbre chezles Directeurs :
* Quand Robespierre reviendra,
Tous les jours deviendront des fêtes.
La Terreur alors renaîtraEt nous verrons tomber des têtes.
Mais je regarde... hélas ! hélas !
Robespierre ne revient pas.
A côté du Bal des victimes tout Paris donnait lesviolons, c’était un branle général, on sautait parabonnements au Bal de Calypso , faubourg Mont-martre, à l’hôtel d’Aligre et à l’hôtel Biron, au Ly-
1. Ripault, dans Une journée de Paris, an V, nous montre aussi untémoin oculaire qui est Polichinelle, égaré au bal des victimes: « Je visun beau jeune homme, et ce beau jeune homme me dit: « Ah! Poli-