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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
temps des échafauds et des bonnets rouges obligeaitles bourreaux à se poudrer à la poudre d’œillet et quiaujourd’hui, dans le cortège du jabot et des culottesà rosettes de Fréron et de sa jeunesse dorée, mène,en souriant, le chœur des scandales de la France. »
On peut ajouter à ce portrait l’adieux que la ci-devant M m0 de Fontenay montra toujours vis-à-visde tous les déshérités une charité inépuisable, ce quilit dire à juste titre que si la citoyenne Bonaparteavait acquis le surnom de Notre-Dame des Victoires,la charmante Talien méritait en tous points celui deNotre-Dame de Bon Secours.
Le plus éclatant salon du Luxembourg, celui oùla meilleure compagnie tenait à se rendre était incon-testablement le salon de Barras. Il était simple etplein de bonhomie ; on y causait peu avec cet espritde conversation d’autrefois, mais on y riait, on yjouait, on y plaisantait sans façons. M. de Talley-rand s’y asseyait complaisamment à une table debouillotte et M m0 de Staël y venait chuchoter avecMarie-Joseph Chénier, ou François de Neufchâteau.Les autres Directeurs recevaient chacun un jour dela décade, mais leurs réceptions manquaient d’éclat.Chez La Revellière-Lépea'ux — Laide peau, commeon le nommait, — le vulgarisateur de la thèophilan-thropie, on ne parlait que de la religion nouvelle etl’on « mettait ses vices à la question ». Chez Car-not, qui donnait de mesquines soirées dans un petit