24 LÀ FRANÇAISE DU SIÈCLE.
droits gazonnés, pleins de ruisseaux, de cascades,de grottes, de tourelles, éclairés de flammes rouges,remplis par le bruit des fanfares, où les nymphes àdemi nues ne fuient point sous les saules. Le grandattrait, c’est principalement l’ancien jardin Boutin,c’est Tivoli, mélange de coteaux, de cascatelles, desentiers sinueux, où l’on passait au milieu d’unehaie de jolies femmes, et où se tenaient tous les jeuxconnus à Cythère. Dans ce pays de l’Astrée égayépar les fantaisies pyriques des Ruggieri, par les ca-brioles, les chansons légères, les parades de foire,les acrobates de toute nature, la société du Direc-toire se retrouverait dans son milieu carnavalesque.
« Bruyants plaisirs, s’écriait Mercier, les femmessont dans leur élément au milieu de votre tumulte !Le contentement perce dans leur maintien, malgréleur déchaînement épouvantable contre le temps quicourt ; jamais elles n’ont joui d’une telle licencechez aucun peuple; la rudesse jacobine expire mêmedevant les non cocardées. Elles ont dansé, bu,mangé ; elles ont trompé trois ou quatre adorateursde sectes opposées, avec une aisance et une fran-chise qui feraient croire que notre siècle n’a plusbesoin de la moindre nuance d’hypocrisie et de dis-simulation et qu’il est au-dessous de nous de palliernos habitudes et nos goûts quels qu’ils soient.
« Quel bruit se fait entendre ? Quelle est cettefemme que les applaudissements précèdent? Appro-