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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE. .prée, à l’embonpoint débordant, des tétonniéres àgros appétits, à gourmandise gloutonne, dominéespar leurs sens, bien qu’elles affectassent des pâmoi-sons soudaines ou des migraines qu’elles ignoraient.Il fallait les voir, après le concert, se ruer au souper,dévorer dindes, perdrix froides, truffes et pâtésd’anchois par bouchées démesurées, boire vins etliqueurs, manger en un mot, selon un pamphlétaire,pour le rentier, pour le soldat, pour le commis,pour chaque employé de la République. Ne leur fal-lait-il se faire « le coffre solide » pour résister auxfluxions de poitrine qui les guettaient à la sortie? —La bise d’hiver avait vite raison d’une robe de linonou d’une friponne tunique au lever de l’aurore.
V
La Merveilleuse et la nymphe sont bien les créa-tures typiques de cette époque de corruption pro-fonde et de libertinage ouvert, où tous les êtresmineurs s’émancipèrent d’eux-mêmes, et qui pro-clama le sacrement de l’adultère. Merveilleuses etnymphes furent les divinités reconnues aux décadiset à toutes les fêtes païennes de la République :beautés plastiques, prêtresses de la nudité et du dieudes jardins, femmes folles de leur corps chez quil’âme a déserté, perdues dans une fausse mythologie