NYMPHES ET ME RVE ILLEUSE*S. 29
qui les porte à s e yrêciser par amour de l’antiquejusqu’à pouvoir se comparer aux Vénus de la sta-tuaire et aux héroïnes de la Fable.
Les jeunes gens à la mode furent leurs dignespartenaires. Ecoutons une contemporaine qui nousesquissera leur portrait en quelques lignes : « Pré-somptueux plus que la jeunesse ne l’est ordinaire-ment; ignorants, parce que depuis six ou sept ansl’éducation était interrompue, faisant succéder lalicence et la débauche à la galanterie; querelleurs,plus qu’on ne le permettrait à des hommes vivantcontinuellement au bivouac; ayant inventé un jar-gon presque aussi ridicule que leur immense cravatequi semblait une demi-pièce de mousseline tournéeautour d’eux, et, par-dessus tout, fats et imperti-nents. En guerre avec le parti royaliste du club deClichy, ils prirent un costume qui devait différer detous points avec celui des jeunes aristocrates : un trèspetit gilet, un habit avec deux grands pans en queuede morue, un pantalon dont j’aurais pu faire unerobe, des petites bottes à la Souvarow, une cravatedans laquelle ils étaient enterrés. Ajoutez à cettetoilette une petite canne en forme de massue, longuecomme la moitié du bras, un lorgnon grand commeune soucoupe, des cheveux frisés en serpenteaux,qui leur cachaient les yeux et la moitié du visage, etvous aurez l’idée d’un incroyable de cette époque. »
Pour les Merveilleuses, inspectons-les à dater de