3 o LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
l’an V, où furent rétablis le jour de l’an, les cadeaux,ainsi que cette promenade de Longchamps, dont ledéfilé n’était qu’un assaut de luxe et de beauté et unincroyable concours de toilette. Nous pourrons lessuivre ainsi, à travers les éphémérides de la mode,jusqu’aux dernières années du siècle.
Rien de moins français que la mise des élégantesà ce début de l’an V ; ce ne sont, ainsi que le consta-tent les courriéristes de modes 1 , que tuniques grec-ques, cothurnes grecs, dolmans turcs, toquetssuisses; tout annonce des voyageuses disposées àcourir le monde. Ce qui ne doit pas moins sur-prendre, après les Titus, les coiffures à la victime età l’hérissé, c’est la préférence aveugle donnée auxperruques. Jadis, à ce seul nom, une belle frisson-nait; mais le sacrifice de ses cheveux en cette annéerépublicaine est devenu un triomphe... ; avec cela,robe retroussée jusqu’au mollet : ce dégagement,d’accord avec les souliers plats, donnait aux femmesune allure décidée et hommasse peu en rapport avecleur sexe.
Sur les coiffures on disposait un coquet béguin,assez semblable aux toquets du premier âge, ou bienun chapeau spencer à haute calotte cannelée avecplume de vautour. La même année vit naître les to-quets froncés à coulisses, le toquet d’enfant garni en
1. Variations des costumes français à la fin du xvm e siècle.