34 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.'
avorter dès le début et les extravagantes qui n’avaientpas eu le sentiment de leur impudeur sentirent celuide leur impudence quand les huées et les apostrophesles poursuivirent jusqu’à leur domicile.
Les modes transparentes se modifièrent cepen-dant peu à peu; tout change vite dans l’empire fémi-nin. Vers le mois de brumaire an VII, les robes àl’Égyptienne, les turbans et spencers kl’Algérienne,les Fichus au Nil et les bonnets en crocodile occu-pèrent un instant l’esprit de nos frivoles. La cam-pagne d’Égypte mit en vogue d’énormes turbansmulticolores à côte et à plumes recourbées, dont lefond était de nuance unie opposée à la toque ; le réti-cule ou ridicule revint en faveur sous une forme mili-taire, on le varia à l’infini, et les devises, les devi-nettes, les arabesques, les camées, les chiffres l’or-nèrent tour à tour.
On ébouriffa à la main les cheveux à la Titus ouà la Caracalla, on porta des chapeaux Jockey, deschapeaux de courrier, des chapeaux de chasse, gar-nis de velours coquelicot; le chapeau au ballon etle casque eurent grand succès. La multiplicité desmodes qui se rivalisaient, se croisaient, se succé-daient « avec la rapidité des éclairs », arriva à égareret effarer jusqu’aux directeurs de journaux attitrés.
Les schalls surtout défrayèrent la chronique ; onles portait en sautoir, bien drapés sur l’épaule etramenés sur le bras, les extrémités flottant au vent;