NYMPHES ET MERVEILLEUSES. 41
passent voilées et l’histoire anecdotique reste aussimuette à leur égard que s’il s’agissait des pimpantespetites chercheuses d’amour des Prés Saint-Gervais.Ces « beautés hères et majestueuses » se nommentCalypso, Eucharis, Phryné; elles ont tout laissé voirà travers leurs robes ouvertes aux Apollons du joursous les ifs chargés de lampions septicolores deFrascati; mais, de cette longue mascarade dans lesjardins d’Armide républicains, peu de personnalitésressortent ; l’eau de volupté qui brillantait leurscharmes d’éternelle jeunesse les a confondues dansune même vision idéale de charmeuses : du Direc-toire il ne semble rester qu’une fosse commune decourtisanes sans nom.
Quoi qu’il en soit, ces modes extravagantes qui,pour ainsi dire, « essuyèrent les plâtres » delà sociéténouvelle, ces modes folles, incohérentes, insaisis-sables que nous venons de décrire d’une plume cur-sive dans ce chapitre si décousu, ces modes de nosImpossibles peuvent être considérées comme lestypes fondamentaux et de transition qui influencè-rent le costume civil de ce xix° siècle entier. A cetitre, elles mériteraient de trouver leur monographe.Nous voudrions voir écrire Y Histoire des modessous la Révolution et le Directoire. — Pour avoirà peine effleuré le sujet, comme un hanneton éperdudans cet immense vestiaire de gazes, nous n’ensommes pas moins assuré que ce serait là un sujet