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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE,phe, elles courent le matin, à midi, le soir; on nevoit qu’ombres blanches dans les rues.
«... Il faut que, pour elles, l’art éternise le prin-temps... Chaque aurore leur donne le signal ou legoût d’un plaisir nouveau, d’un spectacle extraordi-naire, d’un bal paré, ou d’une ascension aéronau-tique avec détonation. Là, toutes ces ombres blan-ches sont pressées ; pléiades de beauté sans poudreet dont les cheveux coupés auraient passé, il y avingt ans, pour une marque de diffamation. Ellespassent devant vous comme les figures d’un tableau ;elles ont l’air d’être sans mains, mais elles vous par-lent des yeux.
« Que penser de cette égalité de parures, de cespromenades journalières, de cette fréquentationassidue des spectacles ? Elles occupent presquetoutes les places, et on les retrouve encore la nuità la clarté des illuminations. Le Pactole roule-t-ilses eaux au milieu de Paris? Qui paye tous ces plai-sirs? La capitale renferme-t-elle plus de million-naires qu’aucune autre ville du monde, et les femmesy sont-elles les seules de l’univers qui jouissent duprivilège de se divertir sans cesse et de ne pointtravailler ?
« Lire des romans, danser, ne rien faire, sontles trois règles de conduite qu’elles observent scru-puleusement... Il y a vingt ans, les jeunes fdlesn’auraient pas hasardé un seul pas hors de la maison