6o LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
deur ; M mc Savary, plus jolie que belle, mais élé-gante jusqu’à l’extravagance ; M mc Mortier, futureduchesse de Trévis.e, douce et touchante ; M m0 Bes-sières, gaie, égale d’humeur, coquette et d’une réelledistinction ; M 110 de Beauharnais, dont chacun con-naît les mérites et l’histoire ; M mQ de Montesson, quitenait salon avec munificence et dont les dîners dumercredi étaient alors excessivement recherchéspour leur service hors ligne ; enfin nombre dedames jeunes et spirituelles dont la nomenclaturerisquerait d’être interminable.
La société des Tuilei'ies était trop officielle;c’est à la Malmaison que l’on retrouvait l’intimitédes petits cercles rieurs et les causeries délas-santes. On y jouait la comédie, on y prenait sesplaisirs comme l’ancienne cour à Trianon ; après ledîner, le premier consul ne dédaignait pas de faireune partie de barres avec ses aides de camp ou de sefaire banquier au jeu du vingt-et-un. La Malmaison,c’était le séjour favori de Joséphine ; elle aimait s’ypromener avec ses compagnes au milieu des kios-ques, des bergeries, des chaumières, autour des pe-tits lacs où les cygnes noirs et blancs apportaient lavie. Dans cette simple maison, d’où le grand luxeétait exclu, elle vivait selon son cœur, loin des tra-cas de cette cour naissante qui lui était imposée parl’ambition de son maître, ne se doutant pas encorequ’un jour prochain viendrait , où la raison d’Etat la