NOS DÉESSES DE L’AN VIII. 71
coiffure romaine avec bandeau, bandelettes ou unerésille d’or lui enveloppant la tête. On ne conçoitpas Joséphine en perruque poudrée, avec jupes à fal-balas ; elle n’avait pas les grâces mièvres et délicatesdes femmes du règne de Louis XVI ; sa nature puis-sante n’avait point besoin d’être étoffée ; une robede cachemire moulant son torse et laissant les braset la poitrine à nu, une tunique à la Cornélie, voilà cequ’il fallait à sa beauté exubérante. Les nombreusestoilettes que lui fournissaient Leroy ou M Ue Despaux,bien que d’une richesse extrême de garniture, étaienttoujours d’une coupe savante, voluptueuse et simple.
Les femmes les plus attentives à suivre la modeportaient sous le Consulat une longue jupe deperkale des Indes, d’une extrême finesse, ayantune demi-queue et brodée tout autour, telles queM Uos Lolive et Beuvry, les lingères à la mode,avaient le génie de les exécuter ; les ornements dubas étaient des guirlandes de pampres, de chêne, delaurier, de jasmins, de capucines. Le corsage decette jupe était détaché ; il était taillé en manière deSpencer, cela s’appelait un Canezou ; le tour et lebout des manches Amadis étaient brodés de fes-tons ; le col avait pour garniture ordinaire du pointà l’aiguille ou de très belle malines... Sur la tête onavait une toque de velours noir, avec deux plumes