70 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
taine confusion dans les modes. Quelques-uns arbo-raient la bourse à cheveux et les dentelles, d’autresla perruque poudrée, quelques-uns la queue ; il yeut antagonisme entre les perruquiers de l’ancien ré-gime et les coiffeurs modernes. La coiffure de ( Bona-parte favorisa les Titus, mais la tenue des récalci-trants faisait une véritable mascarade dans la rue.
Les femmes qui poussaient à l’ancien régime,par caprice ou par coquetterie, étaient cependantennemies de la poudre, parce qu’elles tremblaientque la réforme ne les atteignît, et qu’on ne finît parles grands paniers, après avoir commencé par leschignons et les crêpés. Elles voyaient juste, carquelques douairières de la cour de Louis XV avaientsoutenu qu’on ne pouvait être jolie avec les modesgrecques et romaines, et que la corruption desmoeurs ne datait que du moment où on avait portéles cheveux courts et des robes qui dessinaient lesformes 1 .
M m0 Bonaparte était à la tête de l’opposition ; illui appartenait de défendre la grâce et le bon goût ;de plus, elle détestait la gêne et la représentationtrop officielle ; les vêtements empesés lui faisaientpeur. La toilette cependant était une partie de sa vie;mais il lui fallait les costumes du jour, les robes dé-colletées à taille haute, les vêtements souples, la
1. Histoire populaire de Napoléon et de la grande armée, parMarco de Saint-Hilaire.