88 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE,
grandes coquettes de la capitale. Constant, son valetde chambre qui, lui aussi, a laissé des Mémoires, sedéfend d’avoir jamais ouvert la porte aux innom-brables solliciteuses d’amour qui venaient l’assiégerchaque jour : « Je n’ai jamais voulu, dit-il, à ce pro-pos, me mêler d’affaires de cette nature ; je n'étaispas assez grand seigneur pour trouver un tel emploihonorable. Ce n’est pourtant point faute d’avoir étéindirectement sondé, ou même ouvertement sollicitépar certaines dames qui ambitionnaient le titre defavorites, quoique ce titré ne donnât que fort peude droits et de privilèges auprès de l’Empereur...Quoique Sa Majesté prît plaisir à ressusciter lesusages de l’ancienne cour, les secrètes attributionsdu premier valet de chambre ne furent pas rétablies,et je me gardai bien de les réclamer ; assez d’autresétaient moins scrupuleux que moi. »
Parmi ses proches, hommes et femmes, Bona-parte trouva en effet plus de complaisance, et l’his-toire anecdotique nous révèle mille et une aventurescurieuses où de grands généraux et des parentes trèsproches de l’Empereur ne refusèrent pas de s’entre-mettre pour complaire aux fantaisies d’un momentdu vainqueur de l’Autriche. Mais il ne rentre pasdans notre programme de parler ici de ces frivolesamours ; ces croquis de mode doivent s’arrêter àl’alcôve des monarques et même ne mettre en scèneque ces personnages vagues qui sont de tous temps