LES COQUETTES DU PREMIER EMPIRE. 89
comme le porte-manteau des costumes et des idées.Aussi laisserons-nous Napoléon à ses gloires et àses historiens, pour ne jeter qu’un rapide coupd’œil sur les coquetteries de son temps, ainsi quesur les fastes du Paris de 1806 à 1809.
L’Impératrice Joséphine avait six cent millefrancs pour sa dépense personnelle, plus environcent trente mille francs pour sa cassette et ses au-mônes. On pourrait croire que cette somme étaitplus que suffisante pour faire face aux toilettes ordi-naires et extraordinaires de sa gracieuse Majesté ;mais Joséphine était si prodigue, si généreuse, siétourdie, si folle en ses caprices qu’elle se voyaitcontinuellement endettée et obligée d’avoir recours àla bourse de l’Empereur.
Dans son intérieur, aux Tuileries, c’était ledésordre même ; ses appartements étaient sans cesseassiégés de parents et de petits arrière-cousins pau-vres, de marchandes à la toilette, de bijoutiers, d’or-fèvres, de tireuses de cartes, de peintres et de minia-turistes qui venaient faire ces innombrables portraitssur toile ou sur ivoire qu’elle distribuait si aisémentà tous ses amis, même aux négociants de passageet à ses filles de chambre. Elle ne pouvait se sou-mettre à aucun décorum ni à aucune étiquette danscette vie privée où son indolence était à l’aise au