LES COQUETTES DU PREMIER EMPIRE. 95
à la Cour et ce qu’il fallait chaque jour inventer,combiner, faire exécuter pour paraître honorable-ment autour d’elle, sans risque de faire tache oud’indisposer Sa Majesté. La reine Ilortense, la jeuneépouse de Louis Bonaparte, déployait une granderichesse dans sa mise selon le ton de la Cour ; maiselle apportait dans son luxe beaucoup de discrétion,d’ordre et d’économie. Tel n’était pas l’esprit deCaroline Murat et de la princesse Pauline Borghèsequi étaient prises de la fureur d’éclipser leur belle-sœur et qui mettaient toute leur vanité, tout leurplaisir dans la parure et l’ostentation. Furieusesd’être placées... elles, des Bonaparte, au-dessousd’une Beauharnais dans la hiérarchie de l’Empire,elles ne savaient que trouver pour accentuer leurrivalité avec Joséphine et la piquer au jeu sous desallures cordiales et affectueuses. Elles ne parais-saient jamais aux Tuileries que dans des habits decérémonie qui coûtaient pour le moins quinze àvingt mille francs et qu’elles avaient parfois la fan-taisie de surcharger, au milieu de mille torsades debroderie, de tous les joyaux de leurs cassettes.
Parmi les grandes coquettes de la cour, M racs Sa-vary, plus tard duchesse de Rovigo, et Maret, futureduchesse de Bassano, ainsi que M me de Canisy,étaient mises au premier rang après les princesses ;on comptait qu’elles dépensaient annuellement plusde vingt mille écus pour leurs toilettes, ce qui était,