94 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
fond des divans une somptueuse tunique de brocart
vert entièrement brodée de brillants.
M mo de Rémusat, à qui il faut bien revenir pourtous les petits bavardages de toilette et les commé-rages du Palais, ne cache rien des prodigalités de Jo-séphine. « La moindre petite assemblée, le moindrebal lui étaient une occasion, dit-elle, de commanderune parure nouvelle, en dépit des nombreux maga-sins de chiffons dont on gardait les provisions danstous les palais, car elle avait la manie de ne se dé-faire de rien. R serait impossible de dire quellessommes elle a consommées en vêtements de touteespèce. Chez tous les marchands de Paris on voyaittoujours quelque chose qui se faisait pour elle. Jelui ai vu, poursuit sa Dame du Palais, plusieursrobes de dentelle de quarante, cinquante et mêmecent mille francs. Il est presque incroyable que cegoût de parure si complètement satisfait ne se soitjamais blasé. Après le divorce, à la Malmaison, ellea conservé le même luxe, et elle se parait mêmequand elle ne devait recevoir personne... Le jour desa mort, elle voulut qu’on lui passât une robe dechambre fort élégante, parce qu’elle pensait quel’Empereur de Russie viendrait peut-être la voir. »Elle a donc expiré toute couverte de rubans et desatin couleur de rose.
On conçoit ce que cette passion de l’impératricepour le luxe et la dépense devait causer d’émulation