LES COQUETTES DU PREMIER EMPIRE. 97des chœurs à Napoléon le Grand, les soldats qu’onrencontrait étaient traités en héros. Esraenard, lebarde impérial, convoquait les muses â fêter leguerrier; la nation entière était secouée dans sonpatriotisme le plug ardent.
Le luxe et l’élégance s’affichaient maintenant detous côtés ; les soirées officielles, les bals, les con-certs se succédaient sans relâche dans la nouvellesociété parisienne ; les sénateurs, les membres duCorps législatif, les maréchaux de l’Empire offraientdes fêtes incomparables au souverain ; les uniformeséclatants des officiers de l’armée se mariaient auxrobes chargées de pierreries dans l’éblouissementdes lumières et des fleurs ; jamais on n’approcha siprès de l’incroyable magie des contes bleus, jamaispeut-être aussi les femmes n’encadrèrent leur jeu-nesse et leur beauté dans plus de magnificence, desplendeur et d’apparat.
La mode était encore sinon aux nudités voilées,du moins aux demi-transparences, au nu relatif. En.dépit du froid, les courageuses Françaises allaient àla promenade les bras à peine couverts, la gorge en-tr’ouverte, le pied mignonnement emprisonné dansla soie et le soulier à jour ; de même que les hommesbravaient la mort pour la gloire, elles aussi bravaientla camarde pour le plaisir et la galanterie. Les co-quettes les plus frileuses couraient sur les boule-vards et visitaient les boutiques dans une légère