LES COQUETTES DU PREMIER EMPIRE. 107trop peü étudiés par les écrivains de cette fin desiècle ! De la rue au salon, du théâtre au cabaret, dela femme de Cour à la grisette, du vieux grognard auchauvin civil, on aurait â analyser d’innombrablesoriginaux, des traits de caractère incroyables. Lapostérité aime à suivre Napoléon sur tous les champsde bataille de l’Europe, les historiens ont marchésur les traces de nos drapeaux victorieux; mais nousavons trop négligé de regarder au cœur de la Francependant ces années de gloire, nous n’avons pas assezchiffonné la gavotte parisienne, pas assez vu l’esprit,les modes et les mœurs de la nation depuis le Con-sulat jusqu’au retour des Bourbons.
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Un mari échaudé, devenu économiste, fit circulervers 1807 un paradoxal état de la dépense annuelled’une petite-maîtresse de Paris, d’après ses notes deménage. Nous le reproduisons ici sans y rien chan-ger, comme document comico-sérieux. Le voici :
Trois cent soixante-cinq bonnets, capotes ou
chapeaux. 10.000 fr.
Deux schalls de cachemire. 1.200 »
Six cents robes. 25.000 »
Trois cent soixante-cinq paires de souliers. . . 600 »
Deux cent cinquante paires de bas blancs, au-tant de couleur. 3.000 »
Douze chemises. 300 »
Rouge et blanc. 300 »