ii8 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE,
ornés de plumes de coq blanches, tels qu’on envoyait aux officiers alliés, quelques rares turbansde kachemire blanc; le tout orné de lilas blanc oude jacinthes roses; des robes courtes, des écharpesen sautoir, des toques à l’Écossaise eurent quelquesmois de succès. ■— Le drapeau blanc qui flottait surles Tuileries semblait donner le ton de la toilette.
On voyait dans tout Paris des robes de levantinerose tendre et des tuniques de mérinos blanc; quel-ques-unes étaient faites en forme de pelisse etn’avaient point de ceinture ; les deux pans flottaientécartés l’un de l’autre. Les robes, dites à la vierge,formant demi-guimpe, montaient jusqu’au menton;les robes blanches, rayées à petits carreaux bleus ouroses, se multipliaient; les volants de ces robesétaient tout blancs, mais il était de rigueur qu’il yeût des festons de la couleur des raies, et feston surfeston. Les beaux schalls de kachemire, de bellequalité, avec larges palmes et brillantes couleurs,n’étaient point détrônés par les redingotes à troiscollets ou les pelisses; on convenait que rien nedessinait mieux les épaules et ne drapait plus molle-ment une femme élégante. Terneaux et Courtoisétaient les marchands favoris ; on se précipitait chezeux lorsque courait le bruit d’un arrivage des Indes.Les petites bourgeoises, qui ne pouvaient s’offrir leluxe d’un kachemire, achetaient volontiers desschalls de bourre de soie, qu’on fabriquait égale-