122 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
rubans, de ruches, d’aigrettes et de plumes ; ce sontlà des chapeaux de guerrières, des bassinets, descervelières, des heaumes prodigieux, des morionsabracadabrants, en un mot des casques avec jugu-laire, lambrequin et ventail; mais on a peine à croireque d’aussi bizarres couvre-chefs aient pu jamaisprotéger le visage rieur et gracieux de nos Pari-siennes.
La taille des robes s’allongea progressivement ;vers 1822 on était revenu à la taille normale qui necoupait plus la poitrine en deux et laissait à la gorgeplus de liberté, on reforma aussi par la logique l’artdes couturières et aussi des tailleurs. On porta éga-lement des robes blouses en mousseline des Indesqui avaient au bas cinq rangées de broderies en fleursd’arbre de Judée et quatre biais; des robes en crêpeElodie, rose, bleu ou réséda avec bouillons de lamême étoffe. Le génie des modistes qui avait épuisétoutes les poses des entre-deux, des crevés, des vo-lants, des plissés et des roulés, revint à une expres-sion plus simple dans les garnitures; de modestesgalons de soie ou de couleur ornèrent le bas desjupes. Le canezou, l'antique canezou des héroïnesde Paul de Kock succéda au spencer; les jolis cane-zous, qui seyaient si bien aux jeunes demoiselles,avantageaient la taille et lui donnaient une souplesseet une grâce infinies. Le corset reprit faveur et saconfection, encore primitive, devint un art véritable